Compte-rendu de la journée d’échange organisée par le F3E et Educasol, le 25 juin 2015 !

Le 25 juin 2015, le F3E et Educasol organisaient une journée d’échange et regroupaient trois types d’acteurs qu’on n’a pas franchement l’habitude de voir ensemble :

  • les commanditaires d’évaluations (ONG et collectivités territoriales) porteurs d’actions ou programmes d’ECSI,
  • les évaluateurs, experts des questions d’ECSI
  • et les pouvoirs publics, bailleurs de fonds (au niveau national ou territorial).

La journée visait 3 objectifs majeurs :

  • le partage des attentes et représentations des parties prenantes de l’évaluation externe
  • l’analyse et la mise en débat des pratiques actuelles
  • l’identification des leviers et freins à l’apprentissage

Nous l’avons pensé comme un espace de co-construction de repères et de recommandations sur la base de l’expérience et des pratiques des différentes parties prenantes de l’évaluation externe en ECSI.

Vous pouvez télécharger le compte-rendu complet de la journée et la présentation powerpoint intitulée : L’Évaluation externe dans le champ l’ECSI comme aide à l’apprentissage au service du changement social: premiers constats

Les participants de la journée du 25 juin en écriture libre
Les participants de la journée du 25 juin en écriture libre

Dans un premier temps, les participants se sont livrés à un exercice d’écriture libre. Il en ressort que, pour eux : 

  • l’évaluation est soumise aux contraintes:
    • de temps
    • de moyens financiers
    • de calendrier
    • des termes de référence ardus et pas toujours inclusifs
    • d’absence de modèle
  • les acteurs oscillent dans leurs perspectives sur l’évaluation :
    • Il existe une tension entre redevabilité et apprentissage
    • Il existe un fossé entre la théorie et la pratique évaluative
    • Il est nécessaire de considérer non seulement les résultats de l’action d’ECSI, mais aussi les processus et les méthodes de travail mises en œuvre
    • La volonté de co-construire, centrée sur le partage des ressources et la circulation des informations, est forte
    • L’évaluation est-elle liée aux caractéristiques intrinsèques de l’organisation commanditaire?

Dans un second temps, nous avons présenté les premières résultats tirés de l’analyse des matériaux recensés par notre étude (rapport d’évaluation et autre littérature existante).

Il ne semble pas exister une définition universelle de l’ECSI : certains acteurs concentrent leurs recherches et productions sur le milieu scolaire, d’autres abordent l’ECSI en dehors du champ éducatif, par des programmes plus larges qui associent une grande diversité de parties prenantes.

Si l’ECSI se justifie par le fait qu’elle amène des changements de valeurs, de représentations des citoyens, si ces acteurs prônent effectivement le changement social comme étant a coeur même de leurs actions, néanmoins les objets, les modèles et les approches restent très variés.

Une évaluation porteuse d’apprentissages ne devrait-elle pas nous permettre de regarder comment ces changements ont été obtenus? Pourtant, nous ne trouvons pas de réponse à la question « comment les gens apprennent? » dans les rapports d’évaluation.

L’apprentissage est collectivement indispensable à l’efficacité organisationnelle, au développement de la qualité du travail, à la capacité d’adaptation de l’organisation à sa pérennité. Il permet d’accroitre la capacité de résister et de créer. Apprendre quelque chose, c’est l’intégrer dans l’action, c’est faire autrement. Le changement social se traduit alors par le passage de l’individu au collectif. C’est à la fois le processus et l’aboutissement du processus. Or, les évaluations disponibles traitent plus de la structuration du milieu associatif que des processus du changement

Aussi plusieurs aspects de/dans l’évaluation freinent véritablement  les processus d’apprentissage : les termes de référence sont souvent normatifs, les objectifs trop ambitieux, les analyses des recommandations pas suffisamment affinées, la participation est limitée, l’évaluateur manque de temps pour formaliser l’apprentissage, etc..


Ces différents constats ont soulevé plusieurs remarques de la part des participants, qu’il s’agit de mettre en débat :

  • Le rapport issu d’une évaluation n’est pas directement pris en compte dans la mise en œuvre du programme du projet suivant. Or la manière de le faire peut changer même si le programme en tant que tel ne change pas. Pourquoi ne pas imaginer l’intervention d’un évaluateur externe tout au long de la durée d’un programme appliqué ? Cela permettrait une meilleure évaluation avec une vision plus complète. En effet, il serait plus pertinent de produire un rapport final combinant l’ensemble des années correspondant à trois évaluations distinctes.
  • Une évaluation devrait correspondre à la combinaison entre une auto-évaluation, une évaluation par les pairs (de préférence issues de secteurs différents, sorte de capitalisation actuellement quasi inexistante)  et une évaluation externe. EDUCASOL et F3E pourraient permettre la combinaison de ces trois démarches. On commence à partager une culture de l’évaluation et l’évaluation par les pairs (les autres membres) serait possible.
  • Pourquoi ne pas acter une bonne fois pour toutes que l’évaluation externe n’est pas forcément finale, mais peut-elle effectivement se dérouler à mi-parcours ?
  • Les ONG des pays du Nord qui travaillent dans le Sud connaissent une part importante d’échec, car entre autres, il persiste une différenciation des visions de chacun. Il serait intéressant de produire un discours direct avec les bénéficiaires afin de percevoir les changements provoqués. Le dialogue doit être à un moment donné ou un autre, installé.
  • Il existe un nombre important de méthodologies et de référentiels, notamment au sein des entreprises privées, qui favorisent le changement social. Il est donc possible de puiser d’autres outils chez des acteurs se situant à d’autres niveaux dans la thématique du changement social. Il faut décloisonner les approches et croiser des acteurs de nature différente.
  • Il est important de prendre en compte la complexité de l’environnement.  De plus, les méthodes sont souvent transposées puisque le cadre est restreint. L’évaluation par les pairs quant à elle, est une très bonne idée, puisqu’elle peut apporter un enrichissement

A vos plumes !

Nous encourageons toutes réactions aux propositions ci-dessus et sommes curieux de votre créativité
Présentation des premiers constats de l’ECSI et l’évaluation- journée Educasol-F32- 25.06.2015

Les Actes de la journée du 25 juin 2015

 

Restez au courant de la suite, abonnez-vous à notre blog pour plus d’information sur l’ECSI et l’évaluation !

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